Grande question métaphysique : La truite dans le viseur et l'optique du moucheur voit-elle les couleurs ?

L'OEIL DE LA TRUITE

Aujourd'hui je vais vous parler de l’oeil de la truite.Je dois vous avouer que l'envie d'écrire cet

article m'est venu après une discussion passionnante entre passionnés autour de la table après un

coup du soir. Je vais parler de la vision des truites avec j'ose dire un oeil de moucheur !

Parce que que quand je suis à la pêche, même si je sais que je ne sais rien ou presque, je passe

presque tout le temps, à essayer de voir ce qu'elles gobent.

La première constatation empirique c'est que les yeux et le cerveau de la truite ne sont pas les

miens et que, ce qui me semble évident, ne l'est pas pour ces animaux mystérieux que sont les

poissons. Comme le disait Halford il est difficile de savoir ce que « voit »réellement la truite.

La deuxième constatation c'est que comme nous parlons de vision, les conditions de lumière sont un

des facteurs qui me paraissent plus important que beaucoup d'autres facteurs.

Enfin dernier point c'est que le comportement de la truite est également lié à une « énergie » à la

fois interne et sensible à l'environnement.Ce qui en termes plus clairs veut dire qu'il y a sans aucun

doute une part irrationnelle et mystérieuse dans le comportement alimentaire de la truite qui gobe et

dans les mécanismes visuels qui le déterminent.

Bien que scientifique de formation, je vous avoue que pendant mes longues études l'optique ne

m'avait jamais beaucoup passionné. Et c'est pour cela que j'ai fait appel à certains spécialistes. Qui

m'ont avoué que la science très complexe de la vision des poissons et des truites en particulier

n'était pas encore totalement au point !

Du coup j'ai fait comme tout le monde maintenant, je suis allé surfer sur le web !

Erreur fatale !

Comme d'habitude il est possible de trouver tout et son contraire en deux pages de Google !

Donc je ne sais toujours pas si la truite voit les couleurs, si elle voit par eaux troubles, si elle est

myope ou hypermétrope, et si elle est effrayée par les reflets du vernis d'une canne et en même

temps attirée par le vernis d'une mouche ou d'une nymphe. Les expériences de laboratoires sont

intéressantes, mais ce sont des expériences de laboratoire ! Et il me paraît logique de penser qu'il est

difficile d'extrapoler des conclusions définitives sur des résultats indiscutables, mais qui ne sont pas

prouvés « in vivo »

Car en fait mon but est, en quelques lignes, de vous montrer à quel niveau nous en sommes

actuellement, pour nous pauvres pêcheurs, de connaissances sur un plan pratique. Je ne vous

parlerais pas trop ici de la vision « théorique »,mais plutôt de connaissances in vivo.

Je suis désolé vraiment je voulais éviter de tomber dans le piège du pédant scientifique, mais je suis

quand même obligé d'y passer.

Tout ce qui est italique et de couleur a été recopié sur le web ou dans des livres et revues.

COMMENT VOIT LA TRUITE ?

Donc pour commencer un peu d'anatomie et d'optique

Champ visuel

Les yeux du poisson ne possèdent pas de paupières, ils sont placés latéralement ce qui leur

confère très large champ de vision de 330°: le poisson voit quasiment tout autour de lui grâce à un

double champ visuel :

*Champ monoculaire: chaque oeil peut observer latéralement une demi sphère, soit

180° (150° vers l'avant pour l'homme) et le poisson peut donc percevoir les image de deux objets

différents,situés de part et d'autre de la tête(!) que le cerveau a la capacité d'analyser toutes deux

simultanément.. L'oeil peut voir aussi un objet assez éloigné (de près de 15 mètres) en fonction de

la clarté de l'eau. Cette vision monoculaire "en deux dimensions " ne permet pas d'apprécier le

relief, l'épaisseur ni la profondeur ou la distance de l'objet détecté, mais est très sensible à ses

mouvements!

*Champ binoculaire étroit restreint à 30° de largeur par chevauchement de 30° des 2 demi

sphères des champs monoculaires vers l'avant et vers le haut, mais cette vision envisagée et

schématisée "in vitro" est bien difficile à objectiver, notamment en hauteur, "in vivo", elle

représente pourtant la fenêtre favorite pour l'attaque qui permet au poisson de percevoir

simultanément par les deux yeux et un même objet avec netteté à une distance variant de 10 à 60

centimètres.

Ceci permet une excellente capacité à saisir une proie.

Premièrement, l'attention est attirée dans son large champ monoculaire par le mouvement de la

proie dont la vitesse de déplacement est capitale pour être vue, ensuite se précisent sa forme et sa

couleur et il peut se déplacer alors pour la capter dans son cône binoculaire et en préciser les détails,

la distance et le volume pour éventuellement, la gober !

Mais la truite a aussi un angle mort de 30°, rançon du chevauchement vers l'avant,qui subsiste vers

l'arrière si le poisson est totalement immobile, mais le mouvement déplace cet angle mort et

le poisson qui bouge peut être difficile à approcher même par l'arrière.

Cette mécanique visuelle est le résultat d'une adaptation remarquable pour sa survie.

Réflexion et réfraction:

Encore un tout petit peu d'optique pour expliquer pourquoi du fait de la position des ses yeux et du

milieu dans le quel elle vit la truite nous voit d'une certaine manière.

Lorsqu'un rayon lumineux arrive obliquement sur la surface de séparation entre 2 milieux

transparents, une partie subit une réflexion, le reste pénètre et subit une réfraction. Ce qui permet

d'expliquer pourquoi quand nous plongeons un bâton dans l'eau il paraît coudé. C'est l'indice de

réfraction qui est une mesure de densité optique. Je vous fais grâce des données plus précises et plus

académiques, mais en pratique il faut retenir que le champ de vision des truites est à la fois quasi

parfait, pour son milieu aquatique et en même temps du fait de la différence de densité entre l'air et

l'eau, imparfait, car la truite ne peut pas voir derrière elle et ne peut pas voir au dessus d'elle selon

un angle variable en fonction de la profondeur où elle se tient. Il vaut mieux aborder le poisson par

l'arrière pour profiter , s'il est immobile, de l'angle mort "relatif" de 30° de son champ visuel vers

l'arrière.

En wading, par contre, à partir du moment où, à 5 mètres du poisson, (même devant lui!) vous êtes

immergé jusqu'aux cuisses, soit environ 1 mètre, vos 75centimètres qui dépassent à la surface de

l'eau sont totalement dans l'angle aveugle pour un poisson posté à 80cm de fond, et à fortiori plus

près de la surface..par contre n'oubliez pas que le poisson sous l'eau est "chez lui" et peut voir

jusqu'à 15 mètres..... et nous avons vu que le poisson voit beaucoup mieux les objets en

mouvements que ceux immobiles.

Perception ondulatoire

Mais la vision et la perception des mouvements des proies sont aussi une affaire de modifications

de pression (n'oublions pas que nous sommes dans l'eau).La perception d'une proie en mouvement

est aussi perçue par un organe qui s'appelle la ligne latérale. Ce merveilleux appareil sensoriel

permet aux poissons et à la truite en particulier de « voir » un vairon qui se déplace derrière un

rocher, simplement par le mouvement et les modifications de pression. Donc en fait la truite voit

grâce à ses yeux et son système nerveux , mais elle voit aussi en percevant des vibrations grâce à la

ligne latérale. Et j'en suis certain, car en 50 ans de pêche à la mouche, j'ai pu le constater mille fois,

les truites sont capables de voir sans lumière et par eaux troubles, par un mécanisme de perception

des ondes et des vibrations.

Nous verrons plus loin que la structure microscopique de la rétine est plus adaptée à une vision des

objets qui bougent dans l'eau que une proie immobile.

Nous avons tous le souvenir de truites qui ne prennent que les mouches qui bougent !

Ou qui s'enfuient à toutes nageoires quand nous bougeons un pied !

Ou qui gobent dans le noir des gros sedges qui eux aussi sont noirs !

LA TRUITE DISTINGUE-T-ELLE LES COULEURS ?

Alors là nous touchons du doigt un sujet qui n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre !

« La réponse est, indubitablement oui. Les expériences à l'aide d'implantations d'électrodes conduites

dans différents laboratoires à travers le monde l'ont prouvé. La truite est capable de distinguer non

seulement les couleurs elles-mêmes, mais encore les différentes nuances d'une même couleur.»

«Halford doute que la truite puisse voir les couleurs, par acquis de conscience, il conseille d’imiter celles

de l’insecte vivant.»

« Alfred Ronalds a étudié la vision de la truite, notamment ses champs de vision. Pour la perception des

couleurs, il préfère s’abstenir, mais conseille de choisir un matériel de montage se rapprochant des

couleurs naturelles»

J'arrête évidemment de citer les auteurs anciens et pour être plus moderne je ne vais parler que des

notions récentes.

ANATOMIE DE LA RETINE DES TRUITES

La truite voit les couleurs ou en tout cas,est équipée pour les voir car l'étude de son anatomie

oculaire permet de dire que sa rétine comme la notre est composée de cônes et de bâtonnets (nom

scientifique donné aux cellules photo-réceptrices, transmettant un influx nerveux jusqu'au cerveau).

Les bâtonnets sont là pour capter et transmettre l'intensité lumineuse et les cônes sont spécifiques de

la vision des couleurs.

Les cônes sont répartis sur toute la surface de la rétine de la truite avec une concentration plus forte

sur la partie correspondant à la vision en haut et en avant de la tête.

Par ailleurs l'absence de paupières a été compensée par une capacité pour le moins curieuse de la

rétine de la truite en particulier, mais de la plupart des poissons en général. Sous l'effet de la lumière

les cellules rétiniennes nobles se déplacent.

Une couche de cellules pigmentaires remplies de mélanine recouvre la rétine et la protège d'autant

que le poisson n'a pas d'iris pour diaphragmer. Ce mouvement rétino-moteur observé chez le

poisson comme chez certains oiseaux renforce cette protection :

*si l'intensité lumineuse est forte(1), les bâtonnets de la rétine migrent en profondeur vers cette

couche pigmentaire très opaque, et les cônes restés dans le plan focal, permettent d'obtenir une

image mieux définie;

* en condition de faible éclairement(2), le mouvement s'inverse, et les faibles changements

d'intensité sont alors perceptibles en noir et blanc grâce aux bâtonnets qui viennent en avant pour

recevoir toute la lumière disponible . Ce mécanisme, bien documenté sur le plan scientifique,

permet de mieux comprendre pourquoi les truites arrivent à « voir » par très faible

luminosité,simplement par un mécanisme d'adaptation à l'intensité lumineuse externe.

Les cônes s'enfoncent dans la rétine dans des conditions de faible luminosité

Et remontent en surface si l'intensité lumineuse augmente alors que les bâtonnets font l'inverse

Les cônes permettent de différencier les couleurs QUI en tant que telles « n’existent pas » dans le monde

réel : elles ne sont qu’une interprétation cérébrale des vibrations lumineuses perçues par les organes

visuels. et la vision des couleurs par les poissons est maintenant démontrée. Chose peu étonnante

lorsque l'on sait que bon nombre d'entre eux communique par des codes couleurs lors de parades

nuptiales ou d'intimidation devant un assaillant par exemple.

Chez la truite,nous trouvons quatre types de cônes :

- cône « rouge », avec un pic à 600 nm (nanomètres)

- cône vert, avec un pic à 535 nm, le même que nous

- cône bleu, avec un pic à 440 nm, le même que nous

- cône « ultra violet » à 355 nm

Juste un petit détail les cônes sont des « récepteurs » qui captent les ondes (vibrations) qui

composent le spectre de la lumière et se propagent dans l'eau. Mais ces mêmes ondes sont

également captées par la ligne latérale qui nous le savons maintenant est équipée de capteurs

spécifiques des ondes courtes.

Juste un petit tableau pour rappel

Le spectre de la lumière

Couleur Longueur d'onde (nm) Fréquence (THz)

Rouge d'environ 625 à 740 d'environ 405 à 480

Orange d'environ 590 à 625 d'environ 480 à 510

Jaune d'environ 565 à 590 d'environ 510 à 530

Vert d'environ 520 à 565 d'environ 530 à 580

Ces cellules permettent théoriquement à la truite de voir en plus des couleurs fondamentales

classiques les couleurs dont le spectre se situe dans l'ultraviolet. En fait nous devrions dire

l'ultranoir. Ceci est totalement abstrait.

Ce qui est important à comprendre c'est que personne à ce jour n'a publié une étude sérieuse

permettant de prouver que l'aire corticale visuelle du cerveau de la truite fonctionne comme la

nôtre ! Et pour cause les seuls et uniques moyens que nous avons pour essayer de comprendre ce

que voit réellement la truite est l'étude de son comportement par rapport à un stimulus visuel.

Ne comptez pas sur moi pour faire des révélations fracassantes, qui seraient au mieux des

élucubrations de vieux pêcheur un jour d'automne en Aragon.

Ce que disent à peu près tous les scientifiques est bien la preuve de ce que j'avance.

Quand vous plantez des électrodes dans le cerveau de la truite pour essayer de mesurer la

différence de potentiel émise par le cerveau devant un panneau de couleur rouge en bassin de

laboratoire vous êtes assez loin de la réalité du torrent de montagne. Mais comme dans toutes

expériences de laboratoires il faut savoir en tirer les conclusions pratiques sinon nous ne serions

jamais allés sur la lune !

L'étude anatomique de la rétine et la répartition des cônes nous permet par contre de comprendre les

refus de dernière minute, quand la truite monte sur la mouche et qu'elle voit enfin de près, sa

couleur qui ne lui convient pas. Ou sa forme .Ou le bas de ligne. Ou le pêcheur. Ou son odeur.

Car et c'est en cela que nous n'avons pas fini d'en discuter,d'autres éléments rentrent en jeu dans le

comportement lié à la vision.

La couleur que la truite reconnaît le plus facilement est le rouge. Par ordre décroissant, viennent ensuite

l'orange et le jaune. Le vert et le bleu sont les couleurs les moins reconnaissables pour la truite.

En laboratoire bien sûr ! C'est ce genre d'affirmation qui fait que je n'ai aucune raison de croire les

scientifiques !

Dans la réalité il me paraît évident que si la truite voit les couleurs, je suis bien incapable d'affirmer

qu'elle voit les mêmes couleurs que moi. Par contre ce dont je suis sur c'est qu'elle sait faire des

différences. En particulier dans le choix des couleurs quand elle prend des mouches artificielles.

Cinquante ans de pratiques et autant de lectures assidues sur la vision des truites valent une

expérience de laboratoire, mais ne sont pas autre chose que de l'empirisme. Donc nous nous

retrouvons dans un domaine philosophique et irrationnel. Avançons un peu... Avec les scientifiques

D'autres expériences, conduites au États-Unis à l'aide de caméras placées sous l'eau, ont mis en

évidence d'une manière indubitable certains faits très intéressants que nombres d'entre nous ont pu

constater au cours de leurs sorties, mais de manière empirique. Elles ont en particulier montré comment

les truites pouvaient voir les flashes lumineux que produisaient les cannes recouvertes de vernis brillant

au cours de leur action par différents types de luminosité, et le réflexe de prudence qu'ils engendraient

chez les truites.

Là nous sommes toujours en laboratoire, certes mais un peu plus proches de la réalité halieutique.

Les truites sont effrayées par les reflets des vernis de la canne.

Puis leurs réactions totalement différentes, allant de l'agacement passager à l'indifférence totale, au

cours des mêmes expériences, mais conduites avec des cannes recouvertes de vernis mat, provoquant

peu ou pas de flashes.

Ce qui finalement correspond à une réalité bien connue des pêcheurs, l'homme et en particulier

l'homo erectus halieuticus est considéré par la truite comme un prédateur potentiel quand il émet

des reflets.Mais pas que....

Je me demande quel est le sponsor de cette étude ! Sûrement un fabricant de cannes de couleur mat.

Par curiosité j'ai feuilleté les catalogues pour essayer de trouver une canne à mouche, dont le

revêtement ne produirait pas de reflets.... Aucune indication, évidente.

Mais par contre si l'on regarde les nouveautés je suis frappé par les couleurs des cannes.Et je ne

vous parle pas des soies !

Au milieu du gué il faut maintenant faire une pause et tirer les premières conclusions.

L’oeil de la truite lui permet de bien voir et de voir probablement à la fois beaucoup mieux , mais

également de manière différente que nous, en faisant intervenir un élément vibratoire (ondulatoire)

qui nous manque. L’oeil d'une truite en fait n'est qu'un des organes sensoriels qui va permettre de

déclencher un comportement et finalement ce que nous pouvons dire c'est que la science pour

l'instant nous permet d'expliquer des phénomènes qui nous paraissent évidents :

la truite est un animal craintif qui a peur de l'homme et de sa canne vernie, et qui voit des couleurs

que nous ne voyons pas.

Mais qu'en est il de la question fondamentale ? Y a t il une couleur magique qui pourrait déclencher

la prise d'une truite ?

Avant de tenter de répondre à cette question nous devons rapidement vous donner quelques conseils

pratiques :

+Supprimez les objets brillants, tout ce qui peut réfléchir des éclairs lumineux en direction du

poisson, et les cannes mates sont préférables aux vernis "flambant neuf", Henri Bresson, le Sorcier

de Vesoul qui vivait à l'époque de la vente de ses truites avait même peint ses cannes en vert foncé

mat.

+Évitez les mouvements inutiles, car c'est le mouvement qui attire en premier l'attention du poisson,

+Évitez les couleurs vives,le rouge en particulier en vous habillant de façon générale en "neutre",

(beige, vert..toutes couleurs très représentées dans la nature).

+Si vous pêchez du bord faites vous le plus petit possible, accroupi ou à genoux, reculez si possible

sur la berge pour vous éloigner au maximum du poisson et augmenter la hauteur de la zone

aveugle.Si vous êtes en wading pensez à fouetter plutôt à l'horizontale qu'à la verticale, et ce

d'autant que le poisson est plus profond et plus proche en rivière étroite !Bon comme je vous l'avez

dit rien de révolutionnaire... !

Pour finir en beauté je vais vous parler d'un sujet qui me tiens à coeur

La mouche magique est elle une utopie ?

Encore un peu de science

Le phénomène de fluorescence est basé sur l'absorption de la lumière par une molécule. Quelle que soit

la longueur d'onde du rayonnement incident, une molécule excitée revient spontanément dans son état

fondamental par différentes voies de désexcitation. Une de ces voies est la fluorescence

La fluorescence est donc la propriété qu’a un matériau d’absorber de l’énergie lumineuse et de la

restituer dans une longueur d’onde différente, spontanément.

La longueur d'onde de fluorescence ne dépend pas de la longueur d'excitation. La longueur d'onde de

fluorescence est légèrement supérieure à la longueur d'onde d'absorption puisqu'il y a eu perte d'énergie

par désexcitation vibrationnelle (à la base de l'effet Raman). C'est ce qui est appelé déplacement de

Stokes.

Heureusement qu'il y a la science ! Pour pouvoir parler de désexcitation vibrationnelle !

Dans la vie courante, nous connaissons ce phénomène via les panneaux d’affichage colorés et les

populations militantes révoltées par les injustices sociales(gilets jaunes).....

Dans la plupart des cas, le matériau absorbe l’énergie du rayonnement UV et le restitue sous une

autre longueur d’onde, dans la majorité des cas une longueur d’onde plus longue (niveau d’énergie

plus faible) et en conséquence située dans le spectre visible.

Faites l’expérience d’illuminer un objet « fluo » avec une lampe UV (395nm ou inférieur) et votre

objet va devenir très lumineux.

Pourquoi parler de la fluorescence ? Simplement parce qu’on vient de définir qu’un matériau est

capable d’absorber des UV (invisibles à l’oeil) pour les transformer en lumière visible très intense.

En gros, même si on a l’impression d’être dans le noir, puisque notre oeil ne perçoit pas la lumière

UV, soudainement un objet peut devenir très brillant par fluorescence, sans avoir reçu la moindre

lumière visible. Vous savez, comme dans les boîtes de nuit ou dans le « train fantôme » ou votre tshirt

s’illumine sous l’effet d’un de ces lampes appelées « lumière noire » qu’on perçoit à peine.

Voyez-vous où je veux en venir ? Non ?

En 2003 les premières publications venues des USA et du Canada, nous ont donnée de grands

espoirs. Ce qui va suivre est en grande partie extrait de la revue québecoise Sentier Chasse Pêche.

Nous devons ne pas perdre de vue qu notre objectif est de trouver la mouche magique qui sera pour

nous la mouche miracle, mais pas forcément la mouche « fluo»!

C'est surtout dans des conditions de faible luminosité et en particulier en fin de journée qu'il peut

être intéressant d’utiliser des mouches qui seront plus visibles pour nous et espérons le pour la

truite.

Les jours de temps maussade ou en soirée après un beau coucher de soleil rougeâtre, les taux d’UV

parvenant au sol par diffusion atmosphérique ne sont pas négligeables. D’ailleurs, quand le soleil se

couche, la lumière blafarde bleuâtre nous donne un bon indice : la haute atmosphère continue de

diffuser les courtes longueurs d’onde et les UV (fortement énergétiques) alors que les longueurs

d’onde plus longues (rouge-infrarouges) sont complètement absorbées. Il paraît alors logique

d'utiliser des mouches faites avec des matériaux fluorescents. Elles seront plus visibles! Faisons

donc une petite expérience!

Nous allons monter deux mouches identiques mais l'une d'entre elles contient des matériaux

fluorescents. Ce que nous voyons est édifiant dans des conditions de faible luminosité certains

matériaux permettent de « restituer» des couleurs que notre oeil ne peut pas percevoir sans ces

matériaux.

Deux mouches identiques, en apparence. Pourtant, éclairées aux UV (395nm), l’une d’elle prend un

tout autre aspect quand l’autre devient une ombre chinoise…

EURÊKA !!!! aurait dit Archimède.

Hélas trois fois hélas, nous avons oublié quelque chose...

L’oeil de la truite et sa rétine en particulier est doté d'un type de cônes permettant de percevoir les

rayonnements ultraviolets. La fameuse onde magique. Donc pour nos yeux le phénomène de la

fluorescence est intéressant mais pour une truite les mouches deviennent éblouissantes et en tout cas

très éloignées des mouches naturelles. Je ne saurais vous dire combien de mouches fluorescentes j'ai

monté. Le pic de ce délire a été atteint en 2004. Je ne pêchais plus que en fluorescence surtout au

coup du soir. Quand enfin je compris que mes mouches étaient plus proches de l'épouvantail que

d'un foie gras poêlé aux raisins, il était un peu tard ! Bien entendu vous l'avez compris, c'est une

figure de style littéraire je pêche rarement au fois gras...je pêche rarement à l'épouvantail non

plus!!! Il est vrai aussi qu'à l'époque je ne pêchais pas beaucoup.

J’avais lu qu’en cas de temps couvert ou même en soirée, il valait mieux utiliser des mouches

sombres. « Temps clair, mouche claire, temps sombre mouche sombre» disent certains. Je ne suis

pas entièrement d’accord avec cet adage même si celui-ci contient sa part de vérité.

Du coup que conclure ?

Et voilà que presque dix ans après, après avoir beaucoup beaucoup pêché, j'ai eu envie en guise de

conclusions de vous raconter une histoire de pêcheurs.

Fin août en Aragon un coup du soir,, au milieu d'une éclosion de mannes (Oligoneuriella

Rhenana ) phénoménale où nous avions pêché avec des mouches blanches, visibles à 20 mètres !

Les truites gobaient comme des folles et il y avait des gobages comme s'il en pleuvait!

Nous avons fait bredouille! Capot complet!

Franck monteur de génie, non pas seulement par sa dextérité manuelle, mais probablement parce

que ses yeux voient comme les truites, nous a monté alors des imitations ,non pas blanches mais

crème jaune très pâle.*

Le résultat ne s'est pas fait attendre et le lendemain soir...

La plus belle truite de la saison!

*Ceux qui connaissent un peu les écrits de Pierre Miramont se souviendront que les femelles de ces

grands éphémères blancs ont des oeufs de couleur jaune qui

« colorent en jaune les lèvres des truites gourmandes »!

ET VOILA c'est la fin il fait nuit et je n'y vois plus rien, et les truites continuent de gober,

j'entends les plafs, les ploufs et les plifs, alors je lance une dernière fois je ne sais pas pourquoi

je ferre mais au bout de mon fil un poisson sauvage est en train de se débattre et de lutter

pour m’échapper.Et bien sûr il va se décrocher , mais c'est sans importance, je suis seul dans

l'eau froide de la rivière, la nuit arrive et je suis bien....

par Gilbert Marc 23 janvier 2026
Petit rappel entomologique Le cycle de vie d'une éphémère (ordre des Ephemeroptera) comprend quatre stades distincts, marqués par une caractéristique unique parmi les insectes ailés : l'existence de deux formes adultes successives. 1. L'Œuf Le cycle débute lorsque la femelle pond ses œufs à la surface de l'eau douce ou en s'immergeant. Les œufs coulent et se fixent sur des pierres ou de la végétation aquatique. L'éclosion survient après une période allant de quelques jours à plusieurs semaines selon les espèces et la température de l'eau. 2. La Larve (Nymphe) C'est la phase la plus longue, durant généralement de quelques mois à 3 ans. Habitat : La larve vit exclusivement sous l'eau (dans la vase ou sous les galets). Croissance : Elle subit de nombreuses mues (jusqu'à 20 ou plus) pour grandir. Elle se nourrit activement de matières organiques et d'algues. 3. Le Subimago (Dun) L'éclosion proprement dite se produit lorsque la larve mature remonte à la surface de l'eau. Émergence : Elle s'extrait de son enveloppe larvaire en quelques secondes pour devenir un subimago. Mais quelquefois la larve a beaucoup de mal à s’extraire de son exuvie et reste engluée dans la pellicule Caractéristiques : À ce stade, l'insecte est ailé mais n'est pas encore sexuellement mature. Ses ailes sont souvent opaques et ternes. Il doit se reposer sur la végétation pour sécher ses ailes avant de s'envoler. 4. L'Imago (Spinner) L'éphémère est le seul insecte à muer à nouveau après avoir acquis des ailes fonctionnelles. Mue finale : Après quelques heures ou une journée, le subimago mue une dernière fois pour devenir un imago. Vie adulte : L'imago est brillant, possède des ailes transparentes et est prêt pour la reproduction. Reproduction et mort : À ce stade, l'insecte ne possède plus de système digestif et ne peut plus se nourrir. Sa vie adulte ne dure que quelques heures à quelques jours, consacrés uniquement à l'accouplement et à la ponte avant de mourir. 5. Après la ponte les éphémères meurent et dérivent à la surface,les ailes à plat sur l’eau et sont encore plus des proies faciles pour les truites. (Spent) Quand nous voyons des gobages nous pensons immédiatement mouche sèche. Mais avant le stade imago il y a le stade subimago et juste avant le stade émergent et c’est ce stade de l’éclosion d’éphémères que les truites préfèrent : lorsque l’éphémère émergente se retrouve piégée en tentant d’échapper à l’exuvie de la nymphe. On comprend alors pourquoi les mouches sèches avec des exuvies traînantes sont si efficaces.
par Gilbert Marc 20 janvier 2026
Une neuropsychologue guide de pêche à la mouche Lindsay Kocka qui vit dans le Montana a publié recemment un post que je vous recommande de lire et diffuser... Pourquoi les pêcheurs à la mouche écrivent : La pêche à la mouche, le cerveau et la clarté de la pensée Lindsay Kocka 19 janvier 2026 Les pêcheurs à la mouche ont depuis longtemps la réputation d'être des écrivains. Et depuis que la pêche à la mouche est documentée, une abondante littérature a été consacrée à cette pratique. Tous les pêcheurs ne publient pas de livres ou d'essais, mais beaucoup tiennent des carnets où ils consignent leurs observations sur les conditions de pêche, mais aussi des notes et des réflexions personnelles. Ce phénomène ne semble pas fortuit. D'un point de vue neuroscientifique, la pêche à la mouche active de manière fiable des systèmes neuronaux et des conditions physiologiques spécifiques. Ces mêmes systèmes sont ceux qui favorisent la clarté d'esprit, la réflexion profonde et l'expression créative. La pêche à la mouche peut être perçue comme une activité cognitive globale et intégrée. Marcher, patauger, lancer, observer, s'adapter et passer du temps en plein air contribuent tous à façonner la manière dont le cerveau répartit son attention, gère son stress et intègre les informations sensorielles. Lorsque ces systèmes collaborent harmonieusement, la créativité s'épanouit. En tant que pêcheur et écrivain, je suis depuis longtemps fasciné par la clarté mentale et la constance des idées qui émergent lors des journées passées au bord de l'eau. La science offre un éclairage unique pour mieux comprendre ce que de nombreux pêcheurs savent déjà par l'expérience. L'exposition à la nature et la réinitialisation cognitive Il est bien établi que le fait d'être en plein air produit des effets positifs mesurables sur l'attention, la santé mentale et les performances cognitives. La recherche démontre des améliorations significatives des fonctions exécutives, de la mémoire et de la régulation émotionnelle liées au temps passé dans des environnements naturels, comparativement à des environnements intérieurs artificiels. Ces effets ne se limitent pas à une simple sensation subjective de calme, mais reflètent plutôt la façon dont le cerveau gère l'attention et le stress en fonction de l'environnement. Une théorie bien étudiée et étayée, la théorie de la restauration de l'attention, propose que les environnements naturels réduisent la sollicitation des systèmes d'attention dirigée. Plutôt que de contraindre à la concentration, les milieux naturels tendent à la maintenir plus facilement grâce à la variation sensorielle qu'ils offrent : mouvement de l'eau, variations de la lumière et diversité environnementale. Ces conditions permettent aux ressources préfrontales de se régénérer, ce qui améliore la concentration et la clarté mentale lorsqu'une attention soutenue est à nouveau requise. En tant que pêcheurs, nous sommes nombreux à constater que les journées passées au bord de l'eau ne sont pas synonymes d'inactivité intellectuelle, mais d'équilibre cognitif. La concentration est nécessaire, mais elle alterne naturellement entre des périodes de moindre et de plus forte sollicitation. Cette variation favorise une réflexion plus claire. La marche, le mouvement controlatéral et la cognition créative L'acte physique de marcher joue un rôle central dans cette équation. Des recherches menées à Stanford ont démontré que la marche augmente significativement la génération d'idées créatives par rapport à la position assise, même à l'intérieur. Cet effet est amplifié en extérieur. Du point de vue du système nerveux, la marche est un mouvement controlatéral, ou transversal. Lorsque nos bras et nos jambes se meuvent en opposition, les deux hémisphères cérébraux sont sollicités. Cette activation bilatérale, qui favorise la résolution de problèmes complexes depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte, est associée à une meilleure flexibilité cognitive et à une pensée divergente, plutôt qu'à une fixation étroite sur une tâche. En d'autres termes, la marche elle-même libère des ressources cognitives pour une pensée plus globale. La pêche à la mouche complexifie encore ce schéma de base. Les pêcheurs se déplacent sur des terrains accidentés, ajustent leur foulée, gèrent le courant et maintiennent leur équilibre tout en manipulant leur matériel et leur ligne. Ces exigences sollicitent constamment les systèmes vestibulaire et proprioceptif, qui jouent un rôle direct dans la régulation de l'attention, le raisonnement spatial et la capacité de prédiction. Plutôt que de focaliser le cerveau sur une seule tâche, ce type de mouvement requiert une adaptation continue aux conditions changeantes. Cette charge adaptative favorise la flexibilité cognitive et la reconnaissance des formes, deux éléments essentiels à la pensée créative. Il en résulte un système nerveux à la fois engagé et organisé, un état qui facilite la génération et l'association d'idées plutôt que de se focaliser uniquement sur un résultat. Casting, retour sensoriel et contrôle de l'attention Le lancer à la mouche est une activité motrice précise qui offre un retour sensoriel immédiat et constant. La synchronisation, la transmission de la force, le suivi visuel et le retour tactile doivent être parfaitement coordonnés pour que le lancer soit réussi. Cette combinaison permet une meilleure coordination entre le cerveau et le corps, tout en améliorant la concentration. Il est important de noter que la pêche à la mouche limite également la surcharge cognitive. La tâche est suffisamment complexe pour exiger de la concentration, mais généralement pas au point de devenir stressante (ceci pouvant toutefois être sujet à débat dans certaines situations particulières). Cet équilibre tend à apaiser le réseau du mode par défaut du cerveau, le système lié à la rumination et à la suranalyse. Lorsque ce réseau est apaisé, on observe souvent une pensée plus claire et une meilleure capacité à formuler ses idées par la suite. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux pêcheurs se disent mentalement organisés après une sortie de pêche, même s'ils sont physiquement fatigués. Le système nerveux a été sollicité d'une manière qui favorise la régulation plutôt que l'épuisement. Espaces bleus et verts, physiologie du stress et neurochimie Le temps passé près de l'eau et de la végétation soutient le système nerveux et influence directement les performances cognitives. Les environnements extérieurs contribuent à réguler l'attention et l'éveil, favorisant une concentration soutenue et réduisant le flux incessant de pensées. L'équilibre des signaux de dopamine et de sérotonine dans ces contextes stimule la motivation, la patience et la stabilité de l'humeur. Ces conditions facilitent la réflexion, l'articulation des idées et la créativité. La pêche à la mouche plonge régulièrement les pêcheurs dans des environnements qui favorisent naturellement cet état, leur offrant à la fois la richesse sensorielle et la régulation du système nerveux nécessaires à l'émergence de la pensée créative. Écrivains, marcheurs et penseurs Tout au long de l'histoire des grands penseurs et écrivains, le lien indiscutable entre mouvement, nature et pensée est largement documenté. Nietzsche écrivait que les grandes idées naissent en marchant, Thoreau avait pour habitude d'organiser ses journées autour de longues promenades avant de se mettre à écrire, et Virginia Woolf, elle aussi, s'appuyait sur le mouvement quotidien en plein air pour structurer sa pensée. Ces figures ne dissociaient pas l'activité physique du travail intellectuel, mais considéraient plutôt le mouvement, notamment en extérieur, comme une condition essentielle. Nombreux sont les pêcheurs à la mouche qui semblent évoluer dans des conditions similaires, qu'ils en aient conscience ou non. Marcher, observer, s'adapter et rester pleinement présent sont des éléments intrinsèques à leur pratique. L'écriture devient alors un prolongement naturel d'un cerveau qui a déjà effectué un travail d'organisation. La pêche à la mouche comme acte créatif Pour de nombreux pêcheurs, écrire pendant ou après la pêche s'apparente moins à un changement d'activité qu'à la poursuite d'un processus déjà bien amorcé. Les mêmes systèmes qui s'activent lorsque nous scrutons l'eau, explorons les zones de pêche et observons l'évolution des conditions favorisent également une réflexion plus approfondie et une expression plus claire. Quant à ma propre expérience, bien que j'apprécie pleinement partager l'eau avec des amis, dès mes débuts à la pêche à la mouche, j'ai constaté que ma plus grande satisfaction provenait des journées passées seul au bord de l'eau. Ces journées me permettaient de laisser libre cours à mon imagination, et peu à peu, j'ai perçu mes promenades et mes explorations de l'eau comme un acte créatif en soi. La pêche à la mouche est devenue une pratique corporelle qui favorisait la clarté mentale et un besoin croissant de m'installer sur la berge, de sortir un carnet et de noter tout ce qui remontait à la surface. L'approche Wade Well considère la pêche à la mouche comme une pratique physique et mentale qui intègre le mouvement conscient, l'environnement et l'attention d'une manière que peu d'autres activités peuvent égaler. La pêche offre un cadre quasi idéal où le cerveau humain est connu pour produire certaines de ses réflexions les plus pertinentes, et c'est souvent là que naissent nos meilleurs écrits.
Trite méditerranénne typique de l'Aragon
par Gilbert Marc 6 janvier 2026
Exolications pour savoir comment pêcher la truite en Aragon.Les différents parcours sont présentés ainsi que chaque législation propre à chaque cours d'eau
par Gilbert Marc 5 janvier 2026
Petite réflexion sur les fils pour les bas de ligne Il est hors de question ici de se livrer à une étude exhaustive des fils disponibles pour pêcher à la mouche sèche ou la mouche noyée, et un peu de la pêche à la nymphe . J’ai déjà publié sur ce blog un post sur les bas de lignes. Là je vais vous parler du choix des marques de nylons et de fluorocarbones qui sont les plus utilisés et pour lesquels je peux vous donner mon opinion. Les différences entre nylon et fluorocarbone. Un peu d’histoire Avant la seconde guerre mondiale, les matériaux utilisés pour la fabrication des bas de lignes étaient tous issus de produits naturels (crin de cheval, racines anglaises en soie naturelle). Puis en en 1935 un chimiste américain Wallace Hume Carothers, chimiste chez DuPont, met au point le polyamide 6,6 ,en 1938 ce nylon est présenté au public. Le nylon est le premier polymère synthétique entièrement artificiel, non dérivé de matières naturelles. Ce nouveau fil est utilisé au début pour la fabrication des bas féminins, des cordages, des parachutes et autres équipements militaires pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ses propriétés mécaniques sont très prometteuses pour la pêche, solidité, résistance à l’eau,et élasticité. Aprés la guerre DuPont cherche des débouchés civils pour son invention et naturellement s’impose l’idée de proposer aux pêcheurs du monde entier un fil bien plus résistant que les fils anciens, plus élastique,d’un diamètre régulier,facile à fabriquer et imputrescible. En 1948/1950 est commercialisé le fil Nylon DuPont qui permet de compléter la révolution de la pêche de la truite avec la commercialisation des moulinets à tambour fixes et les cannes en fibre de verre,et des cuillères tournantes type Mepps. Le fil de pêche Trilene a été lancé en 1959 par la société Berkley. Berkley Bedell, fondateur de Berkley Fishing, souhaitait créer un fil de qualité supérieure offrant une meilleure résistance, une sensibilité accrue et une distance de lancer optimale. Le résultat fut le Trilene, un fil monofilament en nylon qui a rapidement conquis les pêcheurs amateurs et professionnels grâce à ses performances. Il était initialement proposé en deux versions : Trilene Standard et Trilene XT (Extra Tough). La pêche à la mouche moderne n’existerait pas sans l’invention du nylon. Pendant les années 1960 les chimistes travaillent pour améliorer la tenue aux nœuds, et la réduction de la « mémoire », et surtout rendent le nylon transparent Les marques de l’époque sont DuPont, Berkley (Trilene),Maxima (Allemagne),Toray (Japon),Stroft (Allemagne) Le nylon devient la référence universelle, y compris en pêche à la mouche pour les bas de ligne, avec la commercialisation des bas de lignes coniques. Chaque décennie voit sortir de nouveaux fils de nylon, avec pour conséquence la multiplication des marques, chacune revendiquant une spécificité particulière. L’industrie chimique japonaise se met sur les rangs et commence bien avant la Chine, à nous envoyer des fils de nylon. En 1980/1990 se développe une nouvelle famille de fils les fluorocarbones. Ces fils ont plusieurs avantages et e particulier leur grande résistance à l’abrasion et leur indice de réfraction qui les rend pratiquement invisibles. Puis dans les années 2000 apparaissent les copolymères qui en sont en fait des nylons améliorés en particulier au niveau de la transparence et la résistance aux nœuds.Nous utilisons actuellement quasi uniquement des nylons coplymères. Et nous pouvons dire que les progrès actuels de la chimie moderne,nous permettent d’envisager pour un temps futur la mise à notre disposition de fils de plus en plus résistants pour un même diamètre et nous l’espérons avec le moins de mémoire possible. Comparaison entre nylons et fluorocarbone L'intelligence artificielle qui ne sait évidemment pas pêcher à la mouche nous dit ceci Technique Recommandation Sèche ❌ Nylon préférable Nymphe ✅ Fluorocarbone Nymphe au fil ✅ Fluorocarbone Nymphe lourde ✅ Fluorocarbone Noyée ⚠️ Mix possible Streamer ⚠️ Fluoro si obstacles En fait cette théorie de l’utilisation du nylon pour la sèche et du fluorocarbone pour toutes les autres techniques me paraît un peu « bizarre ». En effet et c’est mon avis personnel, la pointe du bas de ligne est la partie la plus importante aussi bien pour les poissons qui peuvent refuser une mouche uniquement à la vue de cette pointe de bas de ligne, surtout sur les lisses, que pour la facilité avec laquelle nous pouvons nouer la mouche. Combien de fois n’ai je pas désespérément essayé de prendre une truite avec une petite fourmi sur hameçon de 20 avec une pointe en 10 centièmes, et essuyé des refus à répétition, malgré des changements de mouches! Avant de me rendre compte que c’était la vision du bas de ligne qui provoquait les refus ! Et dans ces cas là le fluorocarbone est bien supérieur au nylon car il est beaucoup moins visible, car il coule un peu et donc disparaît complètement à la vue du poisson. Et pour les anciens maladroits un peu de rigidité dans le fil ne fait pas de mal, pour bien faire les nœuds s’entend !! Pourquoi choisir le fluorocarbone ? Ou le nylon ? Le fluorocarbone n’est pas un simple « nylon transparent » : Il présente plusieurs avantages, et quelques inconvénients. Son indice de réfraction est très proche de de celui de l’eau, et donc il est beaucoup moins visible que le nylon.Il est plus dense que le nylon et donc flotte moins et nous avons vu que c’est un avantage.Il a une meilleure résistance à l’abrasion,Il n’absorbe pas l’eau donc il va moins se déformer. Ensuite nous devons croire sur parole, les fabricants qui nous affirment que le nylon présente une meilleure résistance aux nœuds.Par contre ce qui est sur c’est qu’il est souvent plus souple . Et souvent bien moins cher, encore que… Puis ensuite vient l’épineux problème de la résistance ou plutôt du rapport entre le diamètre et la résistance.Choisir le bon diamètre par rapport à la mouche utilisée, semble une évidence, mais à diamètre égal nous devons chercher la meilleure résistance,et là commence les problèmes, car en fait 99 fois sur 100 en pêchant la truite nous n’avons pas besoin d’un fil qui résiste à 3,4 kilos pour un 14 centièmes ! Et soyons vraiment surs que la plupart des casses sont dues le plus souvent à une erreur de notre part qu’à la résistance du fil. Il est très difficile de choisir parmi les innombrables marques du marché.Et si j’interroge mes amis pêcheurs à la mouche, je me retrouve encore plus dans le doute...Chacun a sa propre marque et c’est normal.Autrefois ,je vous parle de 40 ans en arrière, nous avions trois ou quatre marques, mais maintenant...C’est beaucoup plus difficile.Je n’ai évidemment aucune confiance dans les « champions » ou autres influenceurs qui sont tous sponsorisés et qui donc sont bien obligés de promouvoir ceux qui les font vivre. Ce qui me paraît le plus important en tout cas ce que j’attends d’un fil c’est qu’il ne crée pas de problèmes supplémentaires au moment du changement de mouche et qu’il ne vrille pas trop ni qu’il ne se déforme pas quand je serre le nœud de la mouche. Si je vais pêcher avec un sedge sur hameçon de 10 pour un coup du soir, il est peu probable que j’utilise du 10 centièmes,même si je suis sûr que les truites feront moins de 30 cm.Pourquoi, parce que l’expérience m’a prouvé que les grosses mouches vrillent les fils fins. Nylon ou fluorocarbone même résultat. Et si le fabricant du fil m’assure que le fluoro est plus rigide que le nylon habituel et que donc le vrillage sera moindre je peux me permettre d’utiliser une pointe plus fine, d’autant plus que la résistance annoncée est supérieure ! Mais pour autant je dois soigner mes nœuds car le fluoro glisse plus que le nylon. Et alors pour être complet je dois vous parler des nœuds, car c’est encore plus fondamental que le choix du fil. Faut il choisir entre le nœud Clinch simple ou double ou le nœud Trilene, ou le nœud Pitzen? Personnellement je ne suis pas compétent pour mesurer la résistance de chaque nœud par rapport à chaque fil,mais ce que je peux dire c’est que le nœud le plus simple est toujours le meilleur, aussi je vous encourage vivement à choisir un nœud et vous entraîner en situation de pêche et hors pêche, avec des diamètres de plus en plus petits et des mouches en rapport, Personnellement je ne sais faire qu’un seul nœud le double clinch. Mais je suis une vieille main et j’ai des mains de mon âge !Alors quelle marque faut il choisir ? Il semble que avec toutes les réserves que j’ai émises ci dessus, plusieurs marques sortent du lot. Si l’on en croit les spécialistes du bas de lignes à nœuds il faut choisir le fil allemand Maxima de couleur brune pour la réalisation du corps de bas de ligne, certains le font cuire à 80º pendant trois minutes, pour lui donner plus de souplesse et surtout le rendre sans mémoire. Pour les paresseux j’avoue que j’utilise avec bonheur les bas de lignes coniques du commerce en Maxima ou Aliox. Certains bas de lignes du commerce sont très en vogue par exemple ceux de Nicolas Germain ou de la marque Guy Plas. Mais le bas de ligne n’est pas la pointe et nous devons choisir.Quelques marque là encore sortent du lot il s’agit de la marque Trout Hunter,qui semble être reconnue comme la marque qui produit les nylons de la plus grande régularité dans le diamètre et donc dans la résistance, et et le fluorocarbone de marque Néox Seaguar produite par la firme Yuki au Japon qui présente deux particularités être et de loin le plus résistant et le plus cher….. Le fluorocarbone Seaguar Neox de Yuki offre un rapport diamètre/résistance impressionnant et une douceur exceptionnelle. Il permet de réaliser des nœuds parfaits et ne présente pratiquement aucune mémoire. La construction exclusive à double paroi de Seaguar réduit le diamètre du fil de quelques centièmes de millimètre tout en conservant sa résistance à la traction et à l'abrasion. Le Seaguar Neox est recommandé pour les bas de ligne dans toutes les techniques de pêche, en eau douce comme en mer. Ce fluorocarbone assure une invisibilité totale, vous permettant de tromper même les poissons les plus méfiants. Bon avouons le c’est un excellent fil, mais 34 euros la bobine de 50 mètres.Mais quand on aime on ne compte pas! En conclusion je vais un peu me répéter, pour moi le plus important, c’est avant tout le confort (facilité pour réaliser les nœuds et absence de mémoire) et la fiabilité (ayez confiance dans votre fil) qui doit guider votre choix.
bambou du Tonkin artisanat
par Gilbert Marc 25 novembre 2025
Petit résumé des étapes de fabrication d'une canne à mouche en bambou refendu
par Gilbert Marc 13 novembre 2025
Aujourd’hui j’ai eu envie de me pencher un peu sur les fils de montage utilisés pour la fabrication des mouches artificielles. Ce n’est pas une lubie brusque et brutale, non ,mais j’ai retrouvé une valise (je dis bien une valise!) pleine de matériaux de montage et dans cette valise il y avait je ne sais combien de bobines toutes mélangées et datant de plus de 50 ans. Alors après avoir pris la décision de léguer tout ceci à mes chers fils et à la postérité, je me suis décidé, sans en avoir vraiment besoin de me racheter du fil de montage. Et là patatrapouf ! Impossible de savoir faire la différence entre toutes les marques et les types de fil et je me suis senti comme un homme préhistorique devant une Ferrari. Et cela m’a convaincu de faire ce que je crois j’aime le plus au monde, après quelques autres plaisirs intimes et gastronomiques, écrire un peu sur les fils de montage. C’est quand même beau les vacances ! Un peu d'histoire Dans la longue histoire de la pêche à la mouche le fil à l’origine ne servait réellement qu’à fixer les composants principaux de ce qui allait devenir une mouche et, n’oublions pas que, tout au début les pêcheurs ne montaient leurs mouches, qu’une fois au bord de l’eau en fonction de ce qu’ils voyaient dans la rivière. Le fil ne pouvait pas être autre chose que du fil à coudre de couleur généralement noire et son importance était très minime. Avec les progrès inhérents à toute technique artisanale, le fil devint de plus en plus sophistiqué,car les matériaux évoluaient et la manière de les fixer évoluait aussi. J e me souviens avoir rencontré un pêcheur lozérien qui avait, comme boite à mouche une boite d’allumettes avec trois ou quatre hameçons, une mèche de laine jaune et un peu de fil de coton de couleur noire. Mais dans une espèce de portefeuille, il y a avait une dizaine de plumes, prélevées sur le cou d’un des coqs de sa basse cour. En arrivant au bord de la rivière il fabriquait en deux ou trois minutes trois mouches(!), qu’il nouait au bout de son bas de ligne et fouette cocher, en une petite demi heure il avait rempli son immense panier de quelques truites et retournait vite fait bien fait, à des activités qui pour lui étaient bien plus importantes que la pêche, car comme il me l’enseigna plus tard, il ne pêchait à la mouche que quand il était sûr que les truites seraient en activité. C’était uniquement pour faire plaisir à son petit fils qu’il allait lui prendre quelques poissons pour son dîner... Le premier traité de montage des mouches artificielles date du moyen âge est attribué à Dame Juliana Berners qui a publié en 1496 « The T reatyse of Fysshynge with an Angle » que l’on pourrait traduire par "Traité de Pêche à la ligne". Ce texte faisait partie d’un recueil « Le Livre de Saint Alban » qui traitait de chasse, de fauconnerie et de pêche. Et la charmante Juliana nous décrit une douzaine de mouches chacune valable à un moment donné de la saison Ce livre est considéré comme la naissance de la pêche à la mouche documentée.
Guy Ro
par Gilbert Marc 24 août 2025
Résumé de la vie de Guy ROQUES écrivain poète franco espagnol fou de pêche à la mouche
par Gilbert Marc 21 juillet 2025
Après la fermeture des rivières en France il est possible de prolonger le plaisir de la pêche dans le Haut Aragon. J’avais écrit ce post il y a trois ans après une fin de saison exceptionnelle. Et j’ai décidé de le republier, car c’est une réalité qui disparaît pas c’est quand même le meilleur moment de la saison. Même si les années se suivent et ne se ressemblent pas. Il reste encore quelques places en octobre...Faîtes vous plaisir... C’est assez facile de faire rêver quand on parle de pêche à la mouche. C’est plus difficile depuis quelques années parce que sans que vraiment je n’ai d’explications claires, la pêche à la mouche a changé. Mais nous les « moucheurs » historiques nous ne sommes pas vraiment différents depuis le début, nous n’avons pas changé nous avons simplement vieilli ! Les rivières et les truites qui vivent dedans ont aussi bien vieilli ! Elles ne sont pas des êtres humains, mais une rivière est une femme et nous avons décidés que les truites étaient des femmes aussi. Une femme, des femmes qui vieillissent n’en restent pas moins séduisantes, attirantes et même quelquefois envoûtantes ! Alors ce soir j’ai envie de vous raconter presque une histoire d’amour. Une histoire qui commence en automne, au moment où les feuilles commencent à changer de couleurs. Au moment où les rivières sont les plus belles, où la chaleur de l’été s’adoucit et où, les jours qui raccourcissent, laissent plus d’espace à la nuit et aux rêves. Nous étions au milieu d’un paradis. Il avait plu à la fin du mois d’août et les quatre rivières magiques de l’Aragon étaient à un bon niveau. Les pêcheurs chanceux qui avaient eu la bonne idée de réserver en cette période étaient tous dans une totale euphorie. Mais en fait euphorie est un mot très faible pour décrire l’état dans lequel nous étions . C’était autre chose. Un sentiment difficile à décrire, d’excitation, de fébrilité, et en même temps de jubilation totale liée au fait de pouvoir partager le plaisir et surtout de raconter le soir la journée aux autres pêcheurs. Entre le début septembre et la fin du mois d’octobre, grâce à une météo (trop) clémente, nous avons pu profiter de chaque jour pour essayer de leurrer ces truites aragonaises. Bien sûr nous avons eu la chance de pêcher dans des rivières quasiment seuls, et cette solitude n’a été qu’un des éléments du bonheur que nous avons connu. Bien sûr nous avons pris des truites sauvages, nées dans la rivière, et qui malgré l’absence de pression de pêche, étaient d’une méfiance incroyable et qui plus est d’une sélectivité encore plus incroyable. Une truite sélective n’est pas une truite de pisciculture, c’est même plutôt le contraire, mais une truite sélective qui naturellement, génétiquement, ne va prendre que des microscopiques moucherons et qui va refuser même les plus belles imitations en nymphe ou en sèche, c’est exactement ce qui nous plaisait ! Peut-être que nous aimons cette difficulté et que si nous avons connu le suprême bonheur de voir des gobages, de trouver la bonne mouche, et de prendre à la queue leu leu une dizaine de truites, en une heure, ce n’était pas tous les jours ! La leçon que nous avons reçue et retenue c’est que la nature reste la nature et qu’il est illusoire de croire que naturellement, toutes les truites de la rivière vont manger en même temps, et que par miracle toutes les truites de la rivière vont mesurer 50 centimètres ! Nous avons pris beaucoup de petites truites, un peu moins de truites de taille moyenne et quelques « belles » truites de plus de 40 cm. Nous avons aussi pris du plaisir à découvrir les différentes robes de ces demoiselles. Nous avons frémi d’extase devant le spectacle de l’automne et même si les eaux étaient très (trop) basses, nous avons pu malgré tout déguster cette fin de saison ! Merci à tous ceux qui ont partagé ces moments, je ne peux pas tous vous nommer et j’ai peur d’en oublier ! A l’an que ven ! Gilbert le 23 Novembre 2022
par Gilbert Marc 20 juillet 2025
Il n'y a pas de doutes la méthode la plus efficace pour ramener du poisson à la maison c'est d'aller à la poissonnerie ! Mais si nous parlons plus sérieusement pour nous pêcheurs impénitents ( pêcheurs de truites s'entend) quelle est la technique de pêche qui est la plus efficace ou disons le mot la plus rentable...? Je sais qu'en posant cette question je vais ouvrir un débat infini, car l'acte de pêche actuellement est un acte de loisirs disons pour 90% des pêcheurs....bon 50% pour les viandards si vous voulez...Et donc qui dis loisir, dis plaisir, et non pas rentabilité quoique il puisse y avoir un certain plaisir à être rentable en mode capitaliste bien sûr! Donc je pose sérieusement la question, vaut il mieux pêcher aux leurres,aux appâts naturels, à la mouche sèche ou noyée, au buldo, à la nymphe ? Quelle est réellement la meilleure technique? Vous vous doutez bien que cette question, je me la suis posée, cent ou mille fois depuis que j'ai commencé à être obsédé par Dame Truite. Puis en voyant que je n'avais pas la réponse et que je n'avais pas le temps de trop chercher, j'ai décidé , très jeune de ne pêcher qu'à la mouche sèche. Du coup la question était réglée, mais en fait non, car même en pêchant en sèche le choix de la mouche devint un casse tête. Alors ? Je pense que pour avoir la réponse il faut regarder deux choses. Premièrement quels étaient les modes de pêche utilisés par des pêcheurs professionnels à l’époque où la vente des truites était autorisée, et deuxièmement quels sont les modes de pêche qui ont été interdits pour préserver la ressource. Mais en fait ces deux éléments datent un peu...La loi Guillon qui a interdit la commercialisation des salmonidés par des pêcheurs amateurs date de 1964, et les modifications des différentes lois pour la gestion de la pêche n'ont pas beaucoup évolué depuis 50 ans en France en tout cas. Mais dans la plupart des autres pays européens, c'est une autre histoire. Il semblerait que l'usage des appâts naturels soit sauf en France partout interdit. Ou presque. Donc si c'est interdit c'est que c'est efficace et donc potentiellement destructeur. Sauf que j'ai essayé de pêcher au ver et au vairon mort manié, et même à l’asticot dans mes jeunes années et je peux affirmer que les truites sauvages ne se prennent pas toutes seules. Néanmoins des expériences plus récentes réalisées cette année en Aragon par des vieilles mains ont démontré qu'une technique la pêche à la larve de plecoptère est nettement supérieure aux autres , surtout pour la recherche des grosses truites. Mais si nous étudions les techniques utilisées par les professionnels des années 1950 1960, oh surprise, pas un d'entre eux ne pêchait au toc ou au vairon. Ils pêchaient tous ou presque tous à la mouche et pas à la nymphe! Autres temps autres moeurs Et la pêche aux leurres dans tout ça ? Je dois avouer que jusqu’à cette année, je pensais naïvement que la pêche aux leurres n’était plus du tout pratiquée pour la recherche des truites. Et bien je me trompais. La recherche de poissons trophées ne se fait pas uniquement à la nymphe à vue, mais aussi et surtout en pêchant au lancer avec des leurres de taille incroyable. À la recherche de truites de 60 cm et plus. Mais cette pêche ne peut pas être considérée comme rentable ou efficace, en tout cas pas ici en Aragon où la loi ne permet la pêche aux leurres uniquement avec un hameçon simple sans ardillon. Je me suis renseigné, il y a encore en France, des pêcheurs qui pêchent à la cuillère, aux leurres souples et autres poissons nageurs aux noms incroyables se terminant généralement par « bait » pour attraper (et probablement tuer) des truites pas toujours géantes.Mais y a t il encore des pêcheurs à la cuillère Mepps nº1 à points rouges ou pire encore au devon ? En vivant dans un mode déconnecté, j’avoue que je suis complètement perdu et que je ne peux absolument pas donner la réponse. La rentabilité est toujours d’actualité par contre pour la pêche à la nymphe et en particulier la nymphe au fil, qui est à n’en pas douter, beaucoup plus efficace que la pêche à la nymphe à vue ou que la pêche en sèche. Il existe maintenant plusieurs nouvelles techniques le toc à la nymphe ou la nymphe au toc ou la pêche à la bouboule, qui ne sont pas très différentes et qui ne révolutionnent pas vraiment la pêche à la truite. Mais qui semble-t-il sont beaucoup plus efficaces. Alors que choisir ? Pour ma part il y a longtemps que j'ai fait mon choix. Mais c'est comme les religions ...aucune n'est vraiment supérieure, ce qui compte c'est d'y croire !
par Gilbert Marc 3 avril 2025
En lisant ce post vous comprendrez pourquoi j'ai mis en photo ce streamer appelé Mickey Finn Avant de vous parler des cycles de la lune et de leur influence sur le comportement des poissons, je voudrais vous poser une simple question,connaissez vous Rudolf Valentino ? Non….Et pourtant cet acteur italien, gloire de l’âge d’or du cinéma muet aux États Unis, latin lover idole des jeunes femmes du monde entier,meurt à 31 ans des suites d’une péritonite. Mais des rumeurs affirment qu’il serait mort empoisonné,dans un bar new-yorkais, après avoir bu un cocktail un « Mickey Finn » versé dans son verre par un garçon de café jaloux de sa célébrité. Le vocable Mickey Finn, aujourd'hui entré dans le langage courant, est apparu dans les années 1910 comme argot des barmans pour désigner une poudre ou un liquide ajouté au verre d'un client afin de le rendre incapacitant, ou, par extension, la boisson contenant l'agent incapacitant. L'utilisation de « gouttes assommantes » (généralement de l'hydrate de chloral) pour neutraliser les clients ivres des bars remonte aux années 1890, voire plus tôt. Cependant, le médicament était généralement administré par un tiers, avec ou sans la complicité du barman, et la victime était ensuite dévalisée ailleurs. Cependant, Michael « Mickey » Finn (1871–?), qui exploitait le Lone Star Café and Palm Garden dans le tristement célèbre Levee District de Chicago de 1896 à 1903, préférait administrer lui-même la drogue, dans son « Mickey Finn Special », et dévaliser les clients dans l'arrière-boutique. Son bar ferma ses portes en 1903, mais son dévouement à cette pratique lui valut de toute évidence une renommée dans le milieu des barmen. En 1918, plusieurs barmans et serveurs de Chicago furent arrêtés pour avoir mis de la « poudre Mickey Finn », comme l'indiquaient les emballages, dans les boissons de leurs clients, soit pour s'en débarrasser, soit pour les punir d'une mauvaise conduite présumée. Cette fois, la poudre était un émétique tartrique et son action était gastrique plutôt que systémique. Ce type de Mickey Finn resta en usage pendant toute la Prohibition, avant de disparaître dans les années qui suivirent. Malheureusement certaines drogues modernes permettent cette pratique, qui doit maintenant nous faire craindre le pire quand on va boire un verre en boite de nuit... Mais qul rapport avec la pêche à la mouche? Vous allez comprendre... Le comportement des poissons est il lié aux cycles lunaires? Vous êtes un passionné de pêche et vous souhaitez maximiser vos prises en 2025 ? Vous êtes au bon endroit ! Dans cet article, nous vous dévoilons les secrets du calendrier lunaire pour la pêche et vous expliquons comment les différentes phases de la lune peuvent influencer votre succès au bord de l'eau. Ne ratez pas cette occasion unique de découvrir les meilleures périodes pour sortir votre canne à pêche et profiter pleinement des bienfaits de cette activité en harmonie avec la nature. Que vous soyez un pêcheur amateur ou un véritable expert, il est crucial de comprendre l'impact des cycles lunaires sur les poissons et leur comportement. Dans ce guide détaillé, nous vous présenterons les phases de la lune les plus favorables pour la pêche, ainsi que des conseils pratiques pour planifier vos sessions de pêche selon le calendrier lunaire 2025. Alors, sans plus attendre, plongeons dans les mystères de la lune et apprenons à pêcher en synergie avec ses cycles pour augmenter nos chances de réussite ! Voilà ce que l’on peut trouver sur le Web quand nous cherchons des informations sur la relation entre l’activité des poissons et les phases du cycle lunaire et du cycle solaire. Personnellement je trouve un peu difficile à croire que l’on puisse prévoir les bons moments pour aller pêcher en se basant uniquement sur les étoiles et la position de la terre par rapport à la lune et au soleil. Mais après tout pourquoi pas ? Quand vous êtes en retraite, mais pas en retrait de la vie de la vie active, ou quand vous êtes en activité professionnelle, avec des obligations sociales et familiales, le meilleur moment pour aller à la pêche c’est quand vous le pouvez ! Et peu importe la lune, le soleil , le vent ou la pluie. Et si par chance vous n’avez que la pêche comme seule activité de loisir et que le reste de votre temps soit dédié à la méditation contemplative, il est évident( enfin évident pour moi) que vous allez pêcher le plus souvent possible.Si bien sûr la passion vous dévore. J’écris ce post parce que ce matin il pleut très fort, il fait très froid et il y a un vent à décorner les bœufs et toutes les rivières de l’Aragon sont teintées de boue et de neige fondue. Et pourtant si je consulte le calendrier lunaire il faudrait que je sois au bord de l’eau….Maintenant quand il pleut avec du vent nous pouvons donner un nom à la dépression qui nous rafraîchit, aujourd’hui c’est Nuria qui va me priver d’un coup de midi exceptionnel ! Donc pour revenir à notre calendrier prévisionnel d’activité des poissons, je dois avouer, que malgré tous mes doutes, je me suis intéressé à ces prédictions. Donc un peu d’histoire.... John Alden Knight a développé il y a un siècle environ une méthode de calcul permettant de préciser des instants de regain d’activité sur les animaux et les plantes. John Alden Knight (1890-1966) était un banquier, un écrivain, un monteur de mouches, un chasseur, un naturaliste, un expert en casting, un cinéaste de pêche et un développeur des Solunar Tables. Ou en français Tables Solunaires. « Jack » Knight, comme le surnommaient ses amis, a surtout contribué à populariser un simple streamer jaune et rouge en forme de bucktail (surnommé « L'Assassin »), qu'il a rebaptisé « Mickey Finn » en raison de sa capacité à éliminer les truites mouchetées et les truites arc-en-ciel des rivières de l'état de New York. Knight était ami avec les plus célèbres pêcheurs à la mouche américains des années 1910 1930: Hewitt, Jennings, LaBranche et Alfred « Sparse Grey Hackle » Miller, et a passé beaucoup de temps à développer son expertise en pêche à la mouche et en montage de mouches sur les rivières Beaverkill, Neversink, Esopus et Brodhead avec ces hommes de renom. Son amour pour la chasse et la nature l'a amené à être l'un des premiers partisans de la pêche avec remise à l'eau : « L'avantage de la pêche, c'est qu'on peut toujours les remettre à l'eau. » Mais ce qui va le rendre célèbre et presque immortel fut la codification méthodique des effets rythmiques des phases du soleil et de la lune sur les poissons (et le gibier) en les divisant par longitude et latitude dans ses Tables Solunaires, élaborées en 1926 et publiées en 1934, qui remportèrent un succès immédiat (et quelques moqueries). Outre plusieurs ouvrages de chasse réputés, il est également connu pour ses ouvrages « Theory and Technique of Fresh Water Angling », « The Complete Book of Fly Casting » et « Modern Fly Casting ».Tous ces livres sont reconnus pour être des références pour l'époque. Qulle est la base de la théorie? Il y a en principe deux périodes favorables le matin et deux le soir correspondants au levers et couchers du soleil et de la lune. Plus le soleil et la Lune seront proches de la Terre, plus forte sera leur influence. Ainsi, chaque mois, le jour d’une nouvelle Lune ou d’une pleine Lune fournira l’influence la plus forte. Une activité accrue des poissons est observée lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont alignés. J.A Knight avait dressé une liste de 33 éléments qui selon lui pourraient influencer le comportement des poissons. Après une étude méthodique, il arriva à la conclusion que l’activité des poissons est principalement liée à l’influence de deux acteurs : le soleil et la lune. Ainsi pour John Alden Knight , l’activité des poissons d’eau douce comme ceux de mer suit la conjugaison des forces exercées par la lune et le soleil sur notre planète (et donc de sa résultante pour les pêcheurs en mer : les marées). Afin de vérifier sa théorie, il a échantillonné près de 200 prises et pratiquement 90% des poissons avaient été capturés aux moments calculés dans les tables solunaires (soleil-lune). Une expérience réalisée par le docteur Frank A. Brown, biologiste à l’université de Northwestern (Chicago), a montré que les plantes étaient influencées par la Lune et non par les forces des marées, corroborant ainsi l’hypothèse de Knight. Les premières tables furent publiées en 1934. Cinq ans plus tard, elles sont adoptées outre-Atlantique et paraissent en France. C’est Tony Burnand rédacteur en chef de la Revue Verte, qui deviendra ensuite « Au bord de l’Eau »,qui fera la promotion des ces tables. Depuis, ces tables sont éditées chaque année. Elles ont surtout été adoptées par bon nombre de passionnés de la pêche aux États Unis et à travers le monde. Les tables solunaires de J.A Knight permettent de déterminer : 1/les périodes d’activité majeures durant lesquelles les poissons sont les plus actifs. Elles correspondent à deux ou trois heures de la journée ou de la nuit, au moment où l’astre lunaire est, soit au zénith, soit à l’opposé. !Pour les pêcheurs, il s’agit évidemment des moments les plus propices pour effectuer de belles prises ; 2/les périodes « mineures » qui se situent au moment du lever ou du coucher de la lune ou du soleil. Elles sont de fait bien moins importantes en terme de durée que les périodes majeures. Toutefois, durant celles-ci, l’activité de la vie aquatique est plus soutenue qu’à l’accoutumée, et ce, aussi bien en eau douce qu’en mer. Ces tables ne correspondent à aucune loi physique ou mathématique, seulement à l’analyse d’un grand nombre d’échantillons qui montre que les périodes les plus favorables à la prise de poissons sont les jours précédents la pleine lune et la nouvelle lune. En revanche, les jours suivants la pleine lune quand à eux sont les moins propices. Il semblerait qu’après la nouvelle lune, en lune croissante, la période est favorable à la prise de poissons, que ce soit en rivière ou en mer. Il apparaîtrait que les poissons soient plus voraces et qu’ils se jettent plus facilement sur les appâts. Il est également coutume de dire au sein de la communauté des pêcheurs que les jours précédant la pleine lune sont propices à la pêche aux carnassiers d’eau douce. Pourquoi? À la pleine lune, les poissons de rivière s’aventurent peu, restant cachés, à l’exception des espèces carnassières qui partent plus facilement en chasse. Ceci expliquant cela, on peut se poser la question de l’influence de la luminosité dans ces comportements. Brochets, sandres et silures sont en général de sortie. Pour d’autres pêcheurs, la meilleure période pour la pêche se situe entre le dernier quartier et le premier quartier de la nouvelle lune, au moment où la luminosité lunaire est la moins intense. Là encore on retrouve ce phénomène de luminosité qui doit jouer sur le comportement des poissons, plus que l’attraction lunaire en elle-même. Comme vous le voyez les avis sont partagés… Donc que faut il faire ? Rien ou au contraire ne choisir ces jours et heures de pêche uniquement en fonction d’un calendrier ? Je reprends ce que j’écrivais plus haut, et je persiste et signe, il faut aller pêcher dès que vous le pouvez, et si la tempête Nuria tente de vous dissuader de sortir, ne l’écoutez pas, couvrez vous bien et tentez votre chance dans les affluents encore clairs ! Si vous revenez bredouilles évidemment vous pourrez toujours dire que le temps était pourri, mais si par un des miracles dont la pratique de la pêche nous gratifie quelquefois, vous prenez ne serait ce qu’une truitelle, ce poisson aura la valeur d’un trophée ! Surtout si vous l'avez prise avec un MickeyFinn !!!!